L’Hôtel de la Garde du Corps du Roi à Versailles

L’Hôtel de la Garde du Corps du roi
à Versailles

Réalisation : Atelier Hespérides
Destinataire : Paul du Mesnil du Buisson
Année : 2019-2020

Travail de recherche historique
Inventaire et synthèse documentaire // Travail de recherches et analyse // Paléographie moderne // Travail de reconstitution architecturale // Rédaction de document de synthèse


Cette étude a permis de retracer l’histoire ainsi que les différents aménagements architecturaux de l’hôtel de la garde du corps du roi, actuellement la Caserne de Croy à Versailles. Un travail aux archives nationales, aux archives départementales des Yvelines et municipales de Versailles ainsi que des recherches photographiques ont permis de mettre à jour tous les aménagements qu’a connu cet édifice jusqu’à aujourd’hui.

Au XVIIe siècle, sur le futur emplacement de l’Hôtel des gardes du corps, se trouvait uniquement des écuries, hébergeant les chevaux des gardes du corps. Un siècle plus tard, avec la permission du roi, des architectes travaillent à la réalisation de la construction d’un hôtel afin d’héberger l’ensemble des gardes du corps. En 1732 des plans sont réalisés par l’architecte Ange-Jacques Gabriel.

Ces plans conservés aujourd’hui aux Archives départementales des Yvelines ne seront finalement pas réalisés. Il faut attendre 1752 pour voir apparaître les premières constructions de l’hôtel selon les plans de l’architecte Jean-François Blondel. L’architecte commence par démolir les bâtiments existant en se réservant le droit d’utiliser les matériaux de bonne qualité dans les nouvelles constructions. Cependant, très tôt, apparaît la nécessité de prévoir d’autres bâtiments notamment une chapelle et un manège. Tandis que plusieurs plans, coupes et élévation du manège ont été retrouvés au Service Historique de la Défense, il n’existe aucun document permettant appréhender l’architecture extérieure de la chapelle. En croisant, photos historiques, plans et descriptions, une reconstitution de la façade de la chapelle vue depuis la rue des tournelles a pu être proposée.

Plan du corps de logis a construire pour loger les gardes du corps du Roy, en conservant les anciennes écuries comme elles sont à présent. Archives Départementales des Yvelines, A 231

Plan du corps de logis a construire pour loger les gardes du corps du Roy et leur élévations. Archives Départementales des Yvelines, A 231

Plan du corps de logis a construire pour loger les gardes du corps du Roy et leur élévations. Rez-de-chaussée. Archives Départementales des Yvelines, A 231

Reconstitution de la façade de la chapelle vue depuis la rue des tournelles

A partir du XIXe siècle, l’hôtel des gardes du corps connaît plusieurs usages. Sous le premier empire, il est utilisé pour le casernement des chevaux-légers lanciers tandis qu’à la Restauration, il sert à loger la compagnie d’Havré qui deviendra la compagnie de Croy. Entre 1893 et 1919, la caserne accueille le 27ième régiment des Dragons. Puis à partir de 1919, s’installe dans les bâtiments de la caserne, l’École Militaire d’Infanterie et les chars de combats. En 1945, un détachement du Women’s Royal Army Corps est hébergé dans la caserne.

Entre 1961 et 1962, plusieurs bâtiments de la caserne de Croy ainsi que celle d’Anjon sont détruits. Parmi ces bâtiments on retrouve ceux se trouvant au sud du terrain notamment les écuries, la chapelle et le manège. Seul, est conservé le portail monumental sur l’avenue de Sceau. Cependant, séparé de l’ensemble des bâtiments la lecture du portail est devenue impossible. Toutes ces destructions sont faites aux profits d’une opération immobilière de la société nationale immobilière qui souhaite construire des immeubles d’habitations. Le terrain militaire se limite alors seulement aux logis carrés et aux écuries se trouvant autour de la cour de l’abreuvoir.

Évolution du terrain militaire, IGN

Évolution des parterres, IGN